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Massif, la tête plissée et le regard doux, le Dogue de Bordeaux est l'un des plus anciens molosses français. Popularisé au cinéma, ce colosse impressionne par son gabarit mais séduit surtout par son tempérament calme et affectueux. Avant d'accueillir ce chien hors norme, il faut connaître ses particularités : le prix d'un Dogue de Bordeaux, son caractère, la gestion de sa bave, sa santé fragile, sa malheureusement courte espérance de vie, l'éducation du chiot et son alimentation. Ce guide complet fait le tour de la question.
Le Dogue de Bordeaux est un molosse français aux racines très anciennes, que l'on rattache aux grands chiens de combat et de garde de l'Antiquité. Longtemps utilisé pour la garde des propriétés, la conduite du bétail, la chasse au gros gibier et, plus sombrement, les combats d'animaux aujourd'hui interdits, il doit son nom à la région bordelaise où son type s'est fixé.
La race a failli disparaître après les deux guerres mondiales, avant d'être patiemment reconstruite par des passionnés au XXe siècle. Le premier standard remonte à la fin du XIXe siècle et a été plusieurs fois affiné depuis. Aujourd'hui, le Dogue de Bordeaux n'est plus un chien de combat mais un chien de compagnie et de garde, dont la puissance impose le respect et la responsabilité.

Le Dogue de Bordeaux est un chien de grande taille au corps trapu et à l'ossature massive. Sa tête énorme, l'une des plus volumineuses du monde canin proportionnellement au corps, est marquée de rides caractéristiques et d'un museau court.
La robe est unicolore, dans toutes les nuances de fauve, de l'acajou à l'isabelle, souvent accompagnée d'un masque noir ou brun. Le schéma animé ci-dessous donne une idée de son imposant gabarit.

Contrairement à ce que son physique laisse penser, le caractère du Dogue de Bordeaux est remarquablement doux et équilibré. C'est un chien calme, posé, très attaché à sa famille, qu'il suit volontiers d'une pièce à l'autre. On le décrit souvent comme un « pot de colle » au grand cœur, qui recherche le contact et la présence de ses maîtres.
Naturellement dissuasif, il est un excellent chien de garde qui alerte et impressionne sans agressivité gratuite lorsqu'il est bien éduqué. Il est plutôt placide et peu aboyeur. Sa force tranquille et sa sensibilité en font un compagnon attachant, à condition de respecter sa nature : il supporte mal la brutalité et répond bien mieux à la douceur et à la cohérence.
Impossible de parler du Dogue de Bordeaux sans évoquer la bave. Avec ses babines tombantes et son museau court, ce molosse bave abondamment, surtout après avoir bu, mangé, ou lorsqu'il a chaud ou s'excite. C'est une caractéristique inhérente à la race qu'il faut accepter : garder une serviette à portée de main, essuyer régulièrement les babines et nettoyer les plis du visage font partie du quotidien. Si la propreté impeccable de votre intérieur est une priorité absolue, ce chien n'est probablement pas fait pour vous.
Bien socialisé, le Dogue de Bordeaux est patient et tendre avec les enfants de sa famille. Sa masse impose toutefois une surveillance constante avec les tout-petits, qu'il peut bousculer involontairement. Avec les congénères, en particulier les mâles entre eux, une socialisation précoce et sérieuse est indispensable.

Le chiot Dogue de Bordeaux deviendra un chien de plus de 50 kg : autant dire que l'éducation ne s'improvise pas. Un molosse de cette taille doit être parfaitement contrôlable, ce qui passe par une éducation débutée tôt, ferme mais toujours bienveillante.
Un équipement solide, adapté à sa force, facilite grandement le travail au quotidien.



La santé est le point le plus délicat de la race. Le Dogue de Bordeaux est malheureusement prédisposé à plusieurs affections sérieuses, ce qui explique en grande partie sa courte espérance de vie.
Important : ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Choisissez un élevage testant le cœur et les articulations des reproducteurs, protégez votre chien des fortes chaleurs et consultez sans tarder votre vétérinaire au moindre signe inquiétant (essoufflement, ventre gonflé, boiterie, abattement).

C'est le revers de la médaille de ce merveilleux compagnon : l'espérance de vie du Dogue de Bordeaux est courte, généralement estimée entre 5 et 8 ans, avec une moyenne souvent citée autour de 6-7 ans. C'est l'une des espérances de vie les plus basses parmi les chiens de race, conséquence directe de son gabarit extrême et de ses fragilités cardiaques. Le graphique ci-dessous situe cette longévité par rapport à d'autres grands chiens.
Cette réalité doit être pleinement acceptée avant l'adoption. Un mode de vie sain, un poids maîtrisé, une protection contre la chaleur et un suivi cardiaque régulier peuvent aider à offrir à votre chien les meilleures années possibles.

L'alimentation d'un molosse de 50 à 65 kg est un poste conséquent. Chez le chiot, une croissance lente et régulière est primordiale : une croquette « géante race » junior, modérément énergétique, évite une prise de masse trop rapide préjudiciable aux articulations.



Le prix d'un Dogue de Bordeaux se situe généralement entre 1 000 et 2 000 € pour un chiot LOF issu d'un élevage sérieux, dont les parents sont testés (cœur, hanches). Compte tenu des fragilités de la race, il est vivement déconseillé de céder à des annonces à bas prix sans garanties de santé.
Le budget mensuel est élevé : ce géant mange beaucoup et ses fragilités cardiaques et articulaires peuvent engendrer des frais vétérinaires importants. Une assurance santé canine est souvent pertinente pour cette race.

Le Dogue de Bordeaux convient à un maître présent, calme et responsable, capable de gérer un chien très puissant et prêt à accepter ses particularités : la bave, le budget conséquent et, surtout, une espérance de vie courte qui demande une grande maturité émotionnelle. Il apprécie une maison avec un peu d'espace, mais reste avant tout un chien d'intérieur qui a besoin de vivre collé à sa famille.
Il conviendra moins à une personne recherchant un chien sportif et infatigable, à un maître souvent absent, ou à qui la propreté sans compromis est essentielle. Bien accompagné, ce molosse offre en retour une présence rassurante et une tendresse immense.

Comptez entre 1 000 et 2 000 € pour un chiot LOF d'un élevage sérieux avec parents testés (cœur, hanches). Évitez les prix trop bas sans garanties de santé.
Ses babines tombantes et son museau court favorisent l'écoulement de salive, surtout après avoir bu, mangé ou en cas de chaleur. C'est une caractéristique normale de la race qu'il faut accepter.
Elle est courte, généralement de 5 à 8 ans, avec une moyenne autour de 6-7 ans, en grande partie à cause des fragilités cardiaques et du gabarit.
Non par nature : bien socialisé et éduqué, c'est un chien doux et équilibré. Sa puissance impose toutefois une éducation sérieuse et un maître responsable.
Mal. Son museau court le rend sensible aux coups de chaleur. Il faut le protéger des fortes températures, éviter l'effort aux heures chaudes et lui laisser de l'eau fraîche à volonté.

Le Dogue de Bordeaux est un molosse français au physique impressionnant et au cœur immense. Doux, fidèle et attachant, il demande en contrepartie un maître averti, capable d'assumer sa force, son entretien, son budget et la difficile réalité de sa courte espérance de vie. Si vous acceptez ces contraintes, vous partagerez des années intenses avec un compagnon inoubliable. Découvrez aussi nos guides du Cane Corso et du Dogue Allemand, deux autres géants au tempérament passionnant.

C'est la première question que se pose tout futur acquéreur, et la réponse est rassurante : le Dogue de Bordeaux n'est ni de catégorie 1 ni de catégorie 2. La loi française du 6 janvier 1999 ne vise que trois types morphologiques — les chiens d'apparence Staffordshire terrier et Mastiff dits « pit-bulls » et « boerbulls » pour la première catégorie, l'American Staffordshire terrier, le Rottweiler et le Tosa pour la seconde. Le Dogue de Bordeaux ne figure dans aucune de ces listes, quelle que soit sa corpulence.
Et un Dogue de Bordeaux non LOF ? La question revient sans cesse, parce que la catégorisation repose sur l'apparence et non sur le pedigree. Un chien sans papiers n'est catégorisé que s'il présente les caractéristiques morphologiques d'un type visé par la loi. Or le Dogue de Bordeaux n'est ni un type Staffordshire terrier ni un Rottweiler ni un Tosa : un Dogue de Bordeaux non LOF reste hors catégorie. Le seul cas de figure qui pose question est celui d'un croisé dont la morphologie évoque un type catégorisé — c'est alors l'appréciation d'un vétérinaire ou des services municipaux qui tranche, jamais le vendeur.
Ce qui relève de la loi, et ce qui n'en relève pas
Le Dogue de Bordeaux est-il dangereux ? Un chien de 60 kg doté d'une mâchoire de molosse dispose d'un potentiel physique évident, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Mais le tempérament de la race est celui d'un gardien calme, lent à s'énerver, profondément attaché à sa famille — très loin du chien nerveux et réactif. Le risque réel ne vient pas de la race : il vient d'un chien mal socialisé, mal contrôlé en laisse, ou laissé seul avec de jeunes enfants. La puissance impose une exigence d'éducation, pas une méfiance.
Une réserve importante. Le droit évolue et les arrêtés municipaux peuvent ajouter leurs propres règles — laisse obligatoire dans certains parcs, accès restreint sur les plages. À l'étranger, la Suisse, la Belgique et plusieurs villes appliquent des listes différentes de la liste française. Avant un déménagement ou un voyage, la mairie et les textes du pays d'accueil restent les seules sources fiables ; les informations trouvées sur les forums sont souvent périmées.

Le standard de la race est d'une simplicité désarmante : le Dogue de Bordeaux est fauve uni, dans toutes les nuances allant de l'isabelle clair au fauve acajou soutenu, avec un masque qui peut être noir, brun ou totalement absent. Le blanc n'est toléré qu'en petites marques sur le poitrail et l'extrémité des membres. Tout le reste — et cela inclut le fameux Dogue de Bordeaux bleu ou gris — sort du standard.
Le bleu n'existe pas dans la race. La dilution qui donne la robe grise n'appartient pas au patrimoine génétique du Dogue de Bordeaux : un chiot annoncé « bleu » ou « gris bleu » est presque toujours un croisé, très souvent avec un Cane Corso bleu ou un Dogue Allemand. Le même raisonnement vaut pour les yeux bleus : chez l'adulte de race pure, l'œil va du noisette au brun foncé, et un œil bleu persistant chez un chiot de plus de trois mois interroge sérieusement la filiation. Payer une majoration pour une couleur « rare » revient donc à payer plus cher un chien qui n'est pas de la race annoncée.
Fourchettes de prix constatées pour un chiot (en euros)
| Chiot LOF, élevage sérieux, France | 2000 € |
| Chiot LOF issu de parents champions | 2800 € |
| Chiot non LOF, France | 1000 € |
| Chiot LOF, Belgique | 1800 € |
| Chiot, Québec (équivalent euros) | 1900 € |
| Chiot dit « bleu » (hors standard) | 2500 € |
Ces montants ne sont que le ticket d'entrée. Le vrai budget d'un molosse se joue sur la durée : une alimentation de grande race représente facilement 70 à 100 € par mois, l'assurance santé se négocie plus cher que pour un chien moyen en raison des prédispositions de la race, et une intervention orthopédique se chiffre en milliers d'euros. Le prix du Dogue de Bordeaux ne se mesure pas au chèque de départ mais au coût des dix années qui suivent.
À l'étranger. Les écarts s'expliquent moins par la race que par le marché local : en Belgique les tarifs sont proches des tarifs français, au Québec ils grimpent avec la rareté des élevages, et dans les pays du Maghreb — la requête « Dogue de Bordeaux prix Tunisie » revient souvent — les prix affichés sont bien plus bas, mais le pedigree, les tests de santé des parents et la traçabilité des portées le sont tout autant. Un chiot bon marché sans radiographie des hanches des parents est le plus cher de tous.
Gamelles et fontaines dimensionnées pour un molosse de 60 kg

Le Dogue de Bordeaux multiplie son poids de naissance par plus de cent en deux ans. Cette croissance explosive est la période la plus délicate de sa vie : c'est là que se jouent la qualité de ses articulations, la solidité de ses cartilages et, en grande partie, son espérance de vie. Une courbe de croissance trop rapide n'est pas un signe de bonne santé, c'est un facteur de risque.
Les repères utiles, à lire comme des ordres de grandeur et non comme une norme : autour de 15 kg à 3 mois, 25 kg à 4 mois, 35 à 40 kg à 6 mois, puis un ralentissement progressif jusqu'au format adulte atteint vers deux ans — de l'ordre de 50 à 65 kg pour un mâle et de 45 à 55 kg pour une femelle. Un écart de cinq kilos avec ces valeurs n'a aucune signification en soi : la variabilité entre lignées est considérable.
Les erreurs qui abîment la croissance d'un molosse
La règle la plus simple reste la meilleure : on doit sentir les côtes sous la main sans les voir, à tout âge. Un chiot un peu léger rattrapera son format ; un chiot trop lourd, lui, ne rattrapera jamais l'usure infligée à ses hanches. En cas de doute sur la courbe, la pesée mensuelle notée dans le carnet de santé vaut mieux que tous les tableaux trouvés en ligne, et c'est le vétérinaire qui l'interprète.

Ces quatre molosses se ressemblent sur la photo et se comportent très différemment au quotidien. Le critère décisif n'est ni le poids ni la puissance : c'est le besoin d'exercice et la réactivité, deux paramètres qui conditionnent la vie de famille pendant dix ans.
Deux profils très différents malgré une allure voisine
Face au Bullmastiff et au Mastiff anglais, la comparaison change de nature : on reste dans la même famille de molosses lourds et calmes. Le Bullmastiff est un peu plus léger et plus mobile, avec une bave nettement moins spectaculaire. Le Mastiff anglais joue dans une autre catégorie de masse — jusqu'à 90 kg — avec les contraintes logistiques et vétérinaires qui vont avec. Le Dogue de Bordeaux occupe une position intermédiaire : assez massif pour impressionner, encore assez maniable pour une famille ordinaire.
En résumé pratique : un foyer sportif qui veut courir, faire du mordant ou de l'obéissance de haut niveau sera frustré par un Dogue de Bordeaux. Un foyer calme, présent, prêt à essuyer de la bave et à accepter une espérance de vie plus courte en échange d'une présence affective hors norme sera comblé. Ce n'est pas une question de meilleur chien, c'est une question de compatibilité de rythme.
Le nécessaire anti-bave et propreté au quotidien

Le Dogue de Bordeaux est un brachycéphale : son museau raccourci diminue la surface d'échange qui permet à l'air inspiré de se refroidir. Or le chien ne transpire pas, il évacue sa chaleur en haletant. Moins de surface, c'est moins de refroidissement — et une masse corporelle de 60 kg qui stocke énormément de chaleur. C'est la raison pour laquelle le Dogue de Bordeaux supporte mal la chaleur, bien plus mal que la moyenne des chiens.
Le protocole d'été, du plus simple au plus impératif
Le coup de chaleur est une urgence vitale absolue, y compris chez un chien qui semble récupérer : les lésions internes se déclarent parfois plusieurs heures après. Sur un molosse brachycéphale, la marge de manœuvre est plus courte que sur un berger. Une voiture stationnée, même à l'ombre et vitres entrouvertes, reste une situation à proscrire sans exception.
La muselière, si elle est nécessaire. Le Dogue de Bordeaux n'y est pas légalement contraint, mais certains transporteurs, cabinets vétérinaires ou traversées en ferry l'exigent. Une seule catégorie convient : la muselière panier, qui laisse la gueule s'ouvrir, la langue sortir et l'air circuler. Un manchon en nylon qui ferme le museau bloque le halètement, donc la thermorégulation — sur un brachycéphale, c'est dangereux. On mesure la longueur du museau, sa circonférence et sa hauteur, puis on ajoute environ un centimètre en longueur et deux à trois en circonférence. Un chien correctement équipé doit pouvoir boire et prendre une friandise à travers sa muselière.

Contre toute attente, le Dogue de Bordeaux en appartement fonctionne souvent mieux qu'un chien de berger de la moitié de son poids. C'est un dormeur : posé sur son couchage la majeure partie de la journée, il ne réclame ni jeu permanent ni stimulation continue. Le mètre carré n'est pas le sujet ; ce qui compte, c'est ce qu'il y a autour.
Les trois conditions à régler avant d'emménager
Comptez malgré tout deux sorties quotidiennes substantielles, dont une vraie promenade avec du temps de reniflage libre : c'est la dépense mentale qui fatigue un molosse, pas les kilomètres. Un couchage orthopédique de grande dimension, posé à l'écart du passage, change complètement la qualité de son repos — et sur une race prédisposée aux problèmes articulaires, ce n'est pas un confort mais une mesure de prévention.
Couchages orthopédiques pour un chien de 50 à 65 kg

La femelle Dogue de Bordeaux pèse de 45 à 55 kg pour une taille au garrot de 58 à 66 cm, contre 50 à 65 kg et 60 à 68 cm chez le mâle. La différence de silhouette est plus nette que le chiffre ne le laisse croire : la tête de la femelle est moins large, le poitrail moins descendu, l'ensemble plus compact. Elle atteint sa maturité un peu plus tôt, le mâle restant volontiers adolescent jusqu'à deux ans passés.
Sur le caractère, les différences relèvent davantage de l'individu et de l'éducation que du sexe. La femelle est souvent décrite comme un peu plus fine dans la lecture de son maître, le mâle comme plus démonstratif dans la garde. Aucune des deux n'est « plus facile » : un mâle bien socialisé est plus simple à vivre qu'une femelle qui ne l'a pas été.
Les premières chaleurs arrivent tardivement chez les grandes races : souvent entre 9 et 15 mois, parfois plus tard sur un sujet à croissance lente. Le cycle revient ensuite environ deux fois par an. Pendant cette période, la chienne attire les mâles à grande distance : laisse systématique, pas de parc canin, pas de liberté même sur un rappel réputé impeccable.
Ce qui change concrètement pendant les chaleurs
La stérilisation se discute avec le vétérinaire, pas sur un forum. Sur une grande race, le moment de l'intervention fait l'objet d'un arbitrage réel entre la fermeture des cartilages de croissance d'un côté et les risques utérins et mammaires de l'autre. Quant à l'espérance de vie de la femelle, elle se situe dans la même fourchette que celle du mâle, de huit à dix ans, avec la nuance habituelle chez les molosses : les sujets les plus légers et les mieux suivis vivent en général plus longtemps.

Aucune race ne convient à tout le monde, et celle-ci moins que d'autres. Lister ses inconvénients n'est pas la dénigrer : c'est éviter un abandon dans deux ans. Voici ce que les propriétaires signalent le plus souvent, une fois passée la période d'enchantement du chiot.
Ce que les propriétaires citent en premier (fréquence relative des griefs)
| La bave, partout et en permanence | 95 % |
| Une espérance de vie très courte | 88 % |
| Les frais vétérinaires d'une grande race | 80 % |
| La sensibilité à la chaleur | 74 % |
| Les ronflements et bruits respiratoires | 66 % |
| La perte de poils courts, incrustés dans les tissus | 52 % |
| L'encombrement pur : voiture, couloir, canapé | 48 % |
La bave arrive systématiquement en tête, et elle est inévitable : elle tient à la structure des babines, pas à un défaut d'éducation. Une serviette à portée de main dans chaque pièce et un bavoir de couchage règlent le quotidien, mais il faut l'accepter comme une donnée, pas espérer la faire disparaître.
Le second grief est plus douloureux : l'espérance de vie de huit à dix ans est l'une des plus courtes du monde canin. On accompagne le vieillissement d'un Dogue de Bordeaux plus tôt qu'avec presque toute autre race, et la fin de vie arrive vite après les premiers signes. Le savoir avant d'adopter fait partie du contrat moral que l'on passe avec ce chien.
Restent les contraintes matérielles, réelles mais gérables : un budget alimentaire et vétérinaire élevé, un été à organiser autrement, des ronflements nocturnes sonores, et un chien qui prend la place d'une personne dans une voiture. En face, on trouve une présence, une douceur et un attachement que peu de races atteignent. La question n'est pas de savoir si ces inconvénients existent — ils existent — mais si vous êtes prêt à les échanger contre cela.

Un Dogue de Bordeaux adulte développe une force de traction que peu de maîtres tiennent à bout de bras : la réponse maison est l'ensemble collier + laisse en paracorde tressée, pensé pour les cous larges des molosses.
Son collier en paracorde est coulissant : il se resserre légèrement quand le chien tire, et se relâche dès qu'il rend la laisse. C'est ce mécanisme qui en fait un collier anti-traction, et non un simple collier plat.
Deux conséquences pratiques sur un gros chien. D'abord, le chien ne peut pas s'échapper en reculant : le collier suit le mouvement au lieu de passer par-dessus la tête - un point décisif sur les morphologies dont le cou est aussi large que la tête. Ensuite, la traction cesse d'être confortable pour lui, ce qui accompagne le travail de marche en laisse détendue.
La laisse assortie mesure 120 cm, avec une poignée ergonomique antidérapante et un mousqueton robuste : la longueur qui laisse du mouvement sans perdre le contrôle en ville.
La grille de tailles à respecter. Elle se choisit au tour de cou, jamais au poids seul :
| Taille | Diamètre | Tour de cou | Poids conseillé |
|---|---|---|---|
| M | 1,5 cm | 30 à 40 cm | 7,5 à 20 kg |
| L | 2 cm | 40 à 50 cm | 20 à 35 kg |
| XL | 2,5 cm | 50 à 65 cm | 35 à 50 kg |
Mesurez le cou avant de commander : c'est la seule mesure qui compte, et un ensemble mal dimensionné perd tout son intérêt.
La précaution à connaître. Un collier coulissant s'utilise en promenade active, sous surveillance. On ne le laisse jamais sur un chien attaché sans surveillance, ni en permanence à la maison, et on ne s'en sert jamais pour des à-coups violents. Bien employé, il guide ; mal employé, il blesse.

Non : la loi de 1999 ne vise que les types Staffordshire terrier et Mastiff dits pit-bulls et boerbulls, ainsi que l'American Staffordshire terrier, le Rottweiler et le Tosa. Le Dogue de Bordeaux n'appartient à aucune de ces catégories, y compris sans pedigree, puisque la catégorisation repose sur l'apparence d'un type visé. Les arrêtés municipaux pouvant ajouter leurs propres règles, la mairie reste la seule source fiable.
Non : le standard n'admet que le fauve uni, du clair à l'acajou, avec un masque noir, brun ou absent. La dilution qui produit une robe grise n'appartient pas au patrimoine génétique de la race, si bien qu'un chiot annoncé bleu ou gris bleu est presque toujours un croisé, souvent avec un Cane Corso ou un Dogue Allemand. Payer une majoration pour cette couleur revient à payer plus cher un chien qui n'est pas de la race annoncée.
Comptez environ 15 kg à 3 mois, 25 kg à 4 mois et 35 à 40 kg à 6 mois, avec une variabilité importante entre lignées : un écart de quelques kilos n'a aucune signification en soi. Le format adulte, atteint vers deux ans, se situe entre 50 et 65 kg pour un mâle et entre 45 et 55 kg pour une femelle. Le bon repère au quotidien reste de sentir les côtes sous la main sans les voir.
Mal, et nettement moins bien que la moyenne des chiens : son museau court réduit la surface d'échange qui refroidit l'air inspiré, tandis que sa masse de 60 kg stocke la chaleur. Au-delà de 25 °C, et bien avant si l'air est humide, tout effort soutenu est à proscrire et les sorties se décalent au petit matin et à la nuit tombée. Un coup de chaleur est une urgence vétérinaire absolue, même si le chien semble récupérer.
Oui, et souvent mieux qu'un chien de berger plus léger, car c'est un dormeur très calme à l'intérieur. Trois points doivent être réglés : les escaliers répétés pendant la croissance, les sols glissants sur lesquels un chien de 60 kg se blesse, et la gestion de la porte pour un gardien territorial en immeuble. Prévoyez deux sorties substantielles par jour, dont une vraie promenade avec du temps de reniflage libre.
La bave arrive en tête, permanente et liée à la structure des babines plutôt qu'à un défaut d'éducation, suivie d'une espérance de vie de huit à dix ans parmi les plus courtes du monde canin. Viennent ensuite le budget alimentaire et vétérinaire d'une grande race, la sensibilité à la chaleur, les ronflements et l'encombrement au quotidien. En face, la race offre une douceur et un attachement que peu de chiens atteignent.
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